• Histoire
Race portugaise de prestige, le Pur Sang Lusitanien est considéré comme le plus ancien cheval de selle du monde. Il ne peut être dissocié de son cousin, le cheval de Pure Race Espagnole : de même origine, ces chevaux du sud de la péninsule Ibérique ont été très souvent regroupés dans notre pays sous la dénomination commune de "Genet d'Espagne", de "Cheval Ibérique" ou d'"Andalou". Mais une divergence dans les critères sélectifs depuis quelques décennies a provoqué la scission en deux races distinctes. Plusieurs types de Pur-Sang Lusitanien ont alors été développés : l’un grand, aux allures superbes, un autre petit, fin, racé et nerveux, et un troisième sélectionné comme cheval de sport. Mais le plus répandu est le type « Alter-Real » destiné à la Haute École.
La pureté de la race a été conservée par les éleveurs du sud de la péninsule, et en particulier par les "Cartujanos", les moines Chartreux de Jerez qui nous ont légué une lignée de chevaux au sang très pur nommés Cartujanos et qui constitue de nos jours la base de la grande majorité des élevages tant espagnols que portugais.
Tout au long de son histoire, la péninsule Ibérique a subi de nombreuses invasions. Mais tous les auteurs ayant décrit les durs combats livrés rapportent de façon unanime la grande habileté des cavaliers Ibères et les extrêmes qualités de leurs chevaux qui leur permettaient de pratiquer l'équitation tout à fait particulière, nommée équitation à la "Genette". Ce type de monte, dont dérive l'actuelle tauromachie à cheval, exigeait une incomparable mobilité en tous sens face à l'ennemi, les pirouettes et les arrêts les plus brusques, les départs au galop les plus foudroyants...
Race amélioratrice universelle, le cheval Ibérique contribua à la formation de très nombreuses races européennes parmi lesquelles il faut citer en particulier le Lipizzan, le Holstein, le Oldenbourg, le Kladruber, le Frederiksborg, le Frison, le Connemara, le Cleveland Bay, le Pur Sang Anglais ... En Amérique, toutes les races actuelles possèdent un peu de son sang, puisque la réintroduction du cheval, espèce disparue sur ce continent, eut lieu à la fin du XVème siècle grâce aux chevaux espagnols et portugais des "Conquistadores". Soumis à de très rudes conditions de transport et de vie, le cheval Ibérique pouvait démontrer sur ce continent ses remarquables facultés d'adaptation ainsi que ses aptitudes guerrières.
Pourtant l'aube du XIXème siècle voyait poindre son déclin : la mode devait alors jeter son dévolu sur de nouvelles disciplines équestres, plus "modernes" (course, saut d'obstacles) qui supplantèrent la Haute-Ecole, et sur un nouvel "idéal" équin représenté par le Pur Sang Arabe et le Pur Sang Anglais. Peu à peu évincé, le cheval Ibérique devait sombrer dans l'oubli sur la scène hippique mondiale... Toutefois, au Portugal, les gentilshommes ne cessèrent jamais de pratiquer l'équitation et l'art de la "Tourada" (de "toureio", corrida portugaise à cheval). Au Portugal, même si les nombreuses autres disciplines de l'équitation européenne tendent à se développer, la Haute Ecole connaît toujours un grand intérêt.
L'École Portugaise d'Art Equestre (EPAE) a pour objectif de protéger et de faire connaître ce patrimoine, mais aussi la pratique, la divulgation et l'enseignement de l'art équestre, de tradition. Au XXIème siècle, le Pur Sang Lusitanien est toujours un cheval d'art équestre, qui procure un grand plaisir de monte, et continue à surprendre par son aptitude naturelle à l'obstacle, et à l'enseignement, comme le prouvent les magnifiques résultats obtenus par "NOVILHERO" (12ème place au ranking mondial), et "ORPHEE" (présente dans l'équipe olympique de France de dressage, à Barcelone).
A Golegà, a été érigé un monument en l’honneur du cheval lusitanien. Chaque année, durant la première semaine de novembre, se tient la foire nationale du cheval qui voit rassembler un nombre impressionnant de chevaux en particulier de magnifiques lusitaniens.
En 1986, un nouveau pas était franchi avec la création du Festival International du Pur-Sang Lusitanien à Lisbonne, qui se déroule chaque année au mois de juin, redonnant une dimension internationale à cette grande race.
• Critères de la race
L’équitation portugaise comporte quatre disciplines : l’à portuguesca, où le cavalier en tenue traditionnelle doit faire exécuter dans un rectangle de dressage une série de figures issues de la tauromachie à cheval, l’équitation tauromachique proprement dite, la plus ancienne et certainement celle qui à influencé le plus le PSL tant morphologiquement que psychiquement ; l’équitation de travail, qui requiert maniabilité et dextérité, et enfin le picaria ou Haute-Ecole. Les spécificités de chaque discipline ont entraînées le développement de quatre grandes lignées de PSL : La Veiga, chevaux petits et athlétiques, l’Andrade, plus grands et plus charpenté, le Fonte Boa, modèle classique aux belles allures et l’Alter Real, petits chevaux aux actions très relevées, utilisés par l’ L'École Portugaise d'Art Equestre.
Le cheval ibérique fut considéré pendant des siècles comme la race de prédilection pour la guerre (notamment apprécié par Alexandre le Grand), la pompe, la Haute Ecole et la tauromachie. Il a fortement marqué de son sceau l'équitation, l'art et la littérature de tous pays ainsi que le fond génétique de très nombreuses races équines.
Le modèle actuel est le fruit d’une sélection rigoureuse réalisée pour les besoins du travail du bétail et de l’arène. Ses qualités de bravoure, d’obéissance, d’élasticité et de précision se sont affinées au fil du temps passé au contact du taureau. De tempérament généreux et ardent, mais toujours docile et endurant, c’est un cheval doux, équilibré, particulièrement souple et énergique. Par sa noblesse et son agilité, c’est une monture idéale de sport et de loisir. Grâce à la beauté du modèle et ses grandes capacités d’apprentissage, il est aussi l’une des races préférées des cascadeurs et des dresseurs du cirque et du spectacle. De taille moyenne, il possède une tête expressive au regard vif et une encolure forte et rouée, aux crins fins, abondants, et souvent ondulés. Un poitrail profond, un garrot peu sorti, un dos court et droit, une croupe arrondie, une queue attachée bas et des membres secs et fins s’achevant par de pieds petits sont caractéristiques du PSL. Les robes sont à prédominance grises ou baies, toutes les autres robes sont admises sauf le pie.
• Allures
Très puissant de l’avant-main, aux formes arrondies, le Pur Sang Lusitanien excelle dans les airs relevés. Ses aptitudes naturelles pour le rassembler, ses capacités de concentration, sa souplesse, son confort, son énergie le prédestinaient pour l’instruction et la Haute Ecole. Ses allures agiles et élevées, se projetant en avant, sont douces et très commodes pour le cavalier.
• Harnachement
Trois types de selles composent l’harnachement traditionnel portugais. La selle de Campino est une selle de travail. Elle est fabriquée avec de la paille de seigle et recouverte d’une peau de mouton. La selle « à portuguesa » est une selle de dressage (ou selle à piquer du XVIIIème siècle). Elle est faite en peau de chamois et formée de deux arçons. La selle à Relvas a été inventée par le célèbre cavalier tauromachique José Relvas. C’est une selle à mi-chemin entre la selle à la Portugaise et la selle moderne. Les étriers portugais sont en bois et ont une forme rectangulaire pour protéger les pieds du cavalier. Ils sont principalement utilisés par les cavaliers tauromachiques et les Campinos.
La bride portugaise est une bride classique. Elle porte des boucles dorées ou argentées.
• En savoir plus
Association Française du Lusitanien
Secrétariat : Martine Marti
La "Martinière"
Mergil de laNiéya
06380 SOSPEL
Tél. : 06 07 51 01 17
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