• Histoire


La scène se joue dans l'Europe du Nord-Ouest au VIIIe siècle après JC. Une caste de guerriers dont le mode de vie est fortement imprégné de religion païenne règne en Scandinavie. Attirés par les richesses du sud, ces commerçants norvégiens, que l'on nommera "Vikings", prennent la mer sur leurs drakkars et envahissent le nord de l'Ecosse et l'Irlande.
En Ecosse, malgré l'évangélisation en cours, plusieurs tribus celtiques pratiquent encore l'élevage de chevaux sacrés, le sacrifice rituel de chevaux et divers rites de fécondités liés au cheval. En 850, la dynastie des Macalpin impose le christianisme. Un édit interdit la consommation de viande de cheval et sa vénération, ce qui porte un coup sévère aux éleveurs. Beaucoup refusent les dogmes de la nouvelle religion et recherchent, sous la direction de leurs chefs Ingolfur et Hjörleifur, un pays idéal vers l'Ouest. Il s'ensuit un exode, y compris des animaux. Ils naviguent vers le Nord et colonisent l'Islande en 874.
Durant les 60 années suivantes, les colons vikings venus de Scandinavie, fuyant la tyrannie du Roi Harald Haarfagr, et immigrent avec quelques esclaves celtes. Beaucoup interrompirent leur voyage sur les îles de l'Atlantique nord, dont les îles Shettlands, où ils découvrirent la forme naine d'un poney britanico-scandinave.
L'Islande n'a donc jamais eu de chevaux indigènes. Le cheval islandais descend de races germaniques (Fjord de Norvège, Gotland du Danemark) et de diverses lignées de poneys celtiques.




• Critères de la race


Peu de races de chevaux peuvent prétendre à une telle pureté. Depuis 930 après JC, date à laquelle on décide d'interdire l'entrée de chevaux en Islande et de continuer l'élevage avec le cheptel existant sur l'île, aucun sang étranger ne fut mêlé à celui de ces chevaux dont les qualités ancestrales furent préservées intactes.

Le cheval islandais est donc tel qu'il était il y a mille ans, un véritable témoin du passé. Il a notamment conservé les cinq allures (pas, trot, galop, amble et tölt ) qui étaient courantes chez les chevaux européens au début du millénaire avant les diverses sélections successives. De nombreuses races issues de chevaux exportés du continent européen à la Renaissance ont d'ailleurs conservé des allures latérales : Paso ou cheval des steppes péruviennes, Paso Fino en Amérique du sud équatoriale, Mangalarga au Brésil, cheval de selle américain (American Saddlebred)… Mais toutes ces races ne possèdent que quatre allures : l'Islandais est le seul à pouvoir présenter à la fois l'amble et le tölt.
Alors que les Européens ont sélectionné les chevaux les plus grands, les plus lourds pour la guerre, éliminant ainsi différentes caractéristiques originelles, les chevaux Islandais sont restés tels quels, avec une grande variété de robes (alezan, pie, noir, isabelle, rouan), et des caractéristiques des chevaux primitifs tels les zébrures sur les membres et la raie de mulet.
De nos jours, les Islandais continuent à faire preuve d'un protectionnisme acharné à l'égard de leurs chevaux : tout cheval quittant l'île ne peut y revenir.

Ce petit cheval robuste a dû s'endurcir et s'adapter au climat hostile du cercle Polaire. Amené par bateau, lâché dans les immensités de cette île, il lui fallait chercher la nourriture sous la neige pour survivre aux rudes conditions climatiques de l'Islande. Une sélection naturelle s'opéra alors, donnant à la race sa robustesse. L'Islandais mesure en général entre 1,25 et 1,45m au garrot.
Élevé en troupeau en semi-liberté (les saillies, le poulinage et l'élevage se font en liberté), son poil est épais et rude, et ses crins fournis. Son dos est court et souple, sa croupe puissante et son encolure forte. La tête sèche et expressive est assez grosse pour sa taille, caractéristique des chevaux rustiques. Ses membres sont courts, solides et ses sabots si durs qu'il n'est souvent pas nécessaire de les ferrer (en Islande le cheval est ferré à froid).
Le cheval Islandais est avant tout un cheval utilitaire. Capable de porter 80 à 100 kg, il a un tempérament de feu et une intelligence vive. Courageux et indépendant, il est docile et d'humeur égale, prêt à collaborer avec son cavalier.

Le cheval islandais vit longtemps, parfois plus de quarante ans ! À cause de sa longévité, il est tardif : il est débourré vers l'âge de cinq ans contre deux ou trois ans pour les autres chevaux en général.
Il est enfin incroyablement résistant à la consanguinité. Depuis l'interdiction d'importation sur l'île, il y a plus de mille ans, les chevaux Islandais se sont reproduits entre eux. De plus, le climat rude de l'île ferme les routes et voies de communication entre certaines régions en hiver. Pourtant, même dans de petits élevages isolés, aucun problème lié à la consanguinité n'a surgi. Plus étonnant, les tares ont été éliminées du patrimoine génétique de la race par une rude sélection naturelle.


• Les allures


Le tölt et l'amble sont présents naturellement chez le cheval Islandais. Le travail des allures peut cependant permettre d'en améliorer la régularité, la netteté ou l'action.

Le tölt (prononcez "teultt") est une allure naturelle marchée, claire, rythmée, à quatre temps égaux, qui peut varier progressivement de la vitesse du pas à celle du galop. L'attitude relevée et l'ondulation de la queue sont caractéristiques. D'apparence spectaculaire et saccadée cette allure est en fait la plus confortable qui soit, au point qu'un cavalier peut tenir un verre d'eau sans en renverser une goutte !
Une partie des Islandais présente le tölt spontanément, même en liberté ; sous la selle, le tölt est obtenu facilement.

L'amble est une allure à deux temps dans laquelle le cheval se déplace par latéraux. Les deux jambes du même côté se déplacent en même temps ; au moment de changer de côté, le cheval se trouve en suspension. À vive allure, l'amble est ce que le cheval Islandais peut offrir de plus spectaculaire (vitesse de course jusqu'à 45 km/h !). En randonnée, il est recherché pour son confort tant pour le cheval que pour le cavalier.




• Harnachement


Les chevaux islandais sont en général montés avec des selles au siège long permettant au cavalier de déplacer le poids de son corps de manière significative pour le cheval. La position de l'assiette conditionne les allures :
- en avant dans la selle, voire en équilibre, pour le trot
- au centre et assis pour ambler
- en arrière pour le tölt.


• En savoir plus


The Icelandic Horse
416 pages exclusivement consacrées au cheval islandais. Le livre le plus complet jamais édité. Histoire, tradition, illustration, poésie, actualité… Disponible en anglais.


- Désinfection
Pour protéger le cheval islandais des maladies équines inconnues sur l'île, il est interdit d'entrer en Islande avec du matériel d'équitation ou tout accessoire en cuir, y compris cuir huilé, déjà utilisés. Tous les vêtements d'équitation, chaussures et bottes doivent avoir été lavés à 40°C et/ou soigneusement nettoyés et désinfectés. Pas d'inquiétude… il est possible de faire nettoyer votre matériel à l'aéroport d'arrivée si les douanes vous contrôlent et que vous n'avez pas les documents requis.


- 17e édition du Landsmót en 2008
Tous les 4 ans, a lieu le Landsmót - Icelandic National Horse Show où des poneys présélectionnés sont jugés, approuvés et primés. A cette grande fête de renommée mondiale se rencontrent tous les passionnés de la race du monde.

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